Culture café 4 min de lecture
Les rituels du café à travers le monde
Du comptoir à espresso à la cérémonie du café éthiopienne, chaque culture partage le café à sa façon, et sait conclure avec élégance. Un petit tour du monde.
Le café : une seule boisson, d’innombrables manières. Demandez aux gens comment ils le prennent et vous apprendrez comment ils passent leur temps : debout ou assis, seuls ou ensemble, pressés ou pas du tout. La boisson est à peu près la même partout. Ce qui se passe autour, non.
Ce qui suit n’a rien d’une encyclopédie : simplement quelques rituels qui nous accompagnent — et un motif que nous avons remarqué en chemin.
Italie : une pause au comptoir
Dans une grande partie de l’Italie, l’espresso se prend debout au bar, al banco, en échangeant quelques mots avec le barista, et se boit en quelques gorgées. C’est une ponctuation plutôt qu’un paragraphe : un arrêt bref et lumineux au milieu de la matinée ou après le déjeuner.
Les règles ne sont écrites nulle part, mais tout le monde les connaît. Les cafés au lait appartiennent au matin ; commandez un cappuccino après un long déjeuner et l’on vous reconnaîtra gentiment comme un visiteur. Le rituel est court, mais jamais négligé.
Éthiopie : le café comme accueil
En Éthiopie, où l’histoire du café aurait, dit-on, commencé, la cérémonie du café est un geste d’hospitalité bien plus qu’une boisson. Les grains verts sont torréfiés dans une poêle devant les invités, et l’on fait glisser vers eux la fumée parfumée en guise de bienvenue. Les grains sont ensuite moulus puis infusés dans une cruche en terre cuite, la jebena, avant d’être versés de haut dans de petites tasses.
Le café est servi en plusieurs tournées, et rester jusqu’au bout fait partie de la courtoisie. Personne n’est pressé. La cérémonie tient moins à la caféine qu’au temps passé ensemble pendant qu’elle se déroule.
Dans les plus anciens rituels du café, la boisson n’a jamais été l’essentiel. La compagnie, si.
Turquie : lire ce qui reste
Le café turc est préparé à partir de grains moulus très finement, mijotés dans une petite casserole à long manche, la cezve, et servi non filtré. Le marc se dépose au fond de la tasse ; on le boit donc lentement, souvent accompagné d’un verre d’eau et d’une douceur.
Vient alors l’une des plus jolies fins du monde du café. La tasse terminée, certains la retournent sur sa soucoupe, la laissent refroidir, puis lisent les motifs dessinés par le marc. La fin de la boisson devient le début d’une conversation — sur l’avenir, sur l’autre, sur rien en particulier.
Le monde arabe : l’art de dire « assez »
Dans le Golfe et dans une grande partie du monde arabe, la qahwa — le café arabe, souvent légèrement torréfié et parfumé à la cardamome — est versée d’une cafetière à long bec dans de petites tasses sans anse, souvent avec des dattes. C’est un geste de générosité, et l’hôte continuera de remplir votre tasse.
Le rituel prévoit sa propre sortie, tout en élégance. Quand vous en avez assez, un léger mouvement de la tasse l’indique à l’hôte, sans un mot. Peu de traditions ont conçu leur fin avec autant de grâce.
Suède : la fika
En Suède, la fika est moins une boisson qu’un verbe : une pause pour un café et quelque chose de sucré, très souvent une brioche à la cannelle, prise entre collègues ou entre amis. C’est un temps protégé, et partagé. On ne fait pas vraiment la fika seul à son bureau.
Ce que la fika a compris, c’est que le plaisir du café est décuplé par la pause qui l’entoure. La boisson est un prétexte pour s’arrêter, et s’arrêter est tout l’enjeu.
Vietnam : la vertu de l’attente
Au Vietnam, le café est souvent filtré lentement à travers un petit filtre en métal, le phin, posé sur le verre, fréquemment au-dessus de lait concentré sucré, puis parfois versé sur de la glace. Impossible de le presser. Le goutte-à-goutte donne le tempo, et la conversation remplit le temps.
Ce que ces rituels ont en commun
Lisez ces traditions côte à côte, et un motif apparaît. Toutes font du café une raison de s’arrêter et, bien souvent, une raison d’être ensemble. Et beaucoup accordent une attention singulière à la fin : la tasse turque retournée, le léger mouvement de la tasse de qahwa, la dernière tournée de la cérémonie éthiopienne, la dernière bouchée de brioche à la fika.
Presque chaque culture du café a trouvé sa manière de dire : c’était assez, et c’était bon.
La tasse à emporter du quotidien fait exception. Elle a un début et un milieu, mais pas de véritable fin — seulement un objet vide qui cherche une poubelle.
C’est là que se glisse notre modeste contribution. Une tasse Edi Cupia ne remplace aucune de ces traditions, et ne le voudrait pas. Elle offre simplement au café bu n’importe où un geste de conclusion bien à lui : une fois la boisson terminée, la tasse devient la dernière bouchée. Siroter, croquer, se souvenir — un très jeune rituel, qui apprend de rituels très anciens.